samedi 26 juillet 2014

Le spectacle "Loin de Paname" et la critique du Figaro suivi de 4 extraits

Tropiques sur seine

La critique de Bertrand Dicale
On ne le sait guère ici, mais en même temps que la France découvrait les musiques « typiques » latino-américaines, les musiciens des Antilles jouaient les chansons de Piaf, Damia, Lys Gauty ou Lucienne Boyer, en leur donnant forcément un peu de leur accent. En chantant ce répertoire féminin de l’entre-deux-guerres dans des arrangements cubains, Viktor Lazlo rejoint une certaine vérité historique et, sur la scène du théâtre de Ménilmontant, le décor de boîte de nuit en plein air sous les Tropiques n’est pas vraiment une fiction.
 Pour ce spectacle, intitulé Loin de Paname , Raul Paz a transposé une vingtaine de chansons classiques en formes latines – mambo, rumba, boléro…. Elles y gagnent quelque chose d’insolent, de charnel. La brume, la bruine, le pavé parisien s’estompent, sans que les sentiments s’éteignent. La vipère gagne a être accélérée, Mon légionnaire se découvre une mélodie nouvelle, Parlez-moi d’amour se danse volontiers…Dans d’immortels classiques ou des raretés exhumées (La femme d’un soir, créé par Damia, le très érotique Ouvre créé par Suzy Solidor), le traitement est aussi rigoureux, dépaysant et pertinent.
 Le quatuor cubain, avec ce qu’il nous faut de chapeaux, de moustaches et de cravates pour la couleur locale, pratique une belle et gourmande orthodoxie latine, sans se départir d’une attendrissante attention pour la chanteuse.
 Assez loin du souvenir de Pleurer des rivières ou de Canoë rose, Viktor Lazlo démontre la ductilité de son talent, parfois très music-hall (J’ai deux amours en robe d’or et plumet rose, le final swing sur Ménilmontant), parfois franchement naturaliste, comme avec ses numéros de poissarde dans J’ai soif ou de pauvre loque au début de La Coco. La mise en scène de Caroline Loeb lui dessine un personnage tout en clichés assumés et même glorifiés. La chanteuse parvient à donner un naturel à ses multiples changements de costume, à toute une grammmaire de gestes et de poses qui puise à pleins bras dans l’imagerie des années 30. Cela est aussi un des plaisirs de la reprise.



Chanson

VIKTOR LAZLO
 Comme dans un vieux bar de La havane aux murs décrépis, Glam, sensuelle, hypnotique, Viktor Lazlo pose sa valise tout en chantant la première chanson du récital, Vagabonde, enlève son imper, dévolie une robe sexy. Sa seule présence sur la scène en impose. Pour ce spectacle mis en scène par Caroline Loeb, Viktor Lazlo a fouillé dans le répertoire des années 1920 et 1930, emprunté des textes à Fréhel, Damia et Joséphine Baker, puisé dans les plus belles chansons d’Edith Piaf…La nouveauté ? Toutes ces ritournelles sont orchestrées à la Cubaine, sur une idée du musicien Raul Paz. Toutes les chansons ne s’y prêtent pas aussi bien, on décroche de temps en temps, mais l’ensemble est charmant. La voix de Viktor Lazlo, qu’on avait rarement entendue depuis « Fermez les volets et ne plus changer l’eau des fleurs » surprend par sa perfection. Au concours des reprises de vieux standards de la chanson française, son Amant de Saint-Jean est bien plus original que celui de Patrick Bruel.


 A défaut de pouvoir mon montrer des extraits du spectacle, le blog vous offre 4 nouveaux extraits de l'album "Loin de Paname" à partir de montages sur des films que vous reconnaîtrez peut-être...

Mon amant de Saint-Jean 

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Mon légionnaire

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Parlez-moi d'amour

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Après toi je n'aurai plus d'amour

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vendredi 25 juillet 2014

Viktor Lazlo et Raul Paz

Loin de Paname est la troisième collaboration de Viktor avec le "French Cubano" Raul Paz.

En 1998, alors qu'il venait d'arriver depuis peu à Paris, Viktor enregistre 2 titres avec lui.
La très réussie reprise de Besame Mucho sur le CD "Amores.
mais aussi sur la bande originale de la série "Der konig von St Pauli" le titre "illusion d'amour".
En 2002, ce sera Raul Paz qui réalisera et fera les arrangements de l'album "Loin de Paname".
Raul Paz




Né en 1969 à Pinar del Rio à l'ouest de Cuba, Raul Paz suit d'abord des études musicales dans son pays.Son grand oncle Changuito, noir comme l'encre, est le grand maître de la percussion cubaine et vit toujours à La Havane. Sa grand-mère, Juanita, blonde comme les blés et originaire de Galice, fait encore danser tous les cubains de Miami.
Raul Paz, allure de petit prince, oeil noir et boucles blondes, est bien le fruit de ce métissage : sang et musiques mêlés.
 Il arrive à Paris en 1996 pour étudier à la Schola Cantorum. Mais ce sont plutôt les clubs comme le New Morning ou le Hot Brass qui voient débarquer ce jeune cubain au charme naturel.




En 1999, il participe au concert de La Fania All Stars au Zénith de Paris et y rencontre Ralph Mercado, fondateur du label RMM, qui lui propose d’enregistrer son premier disque à Miami. Cuba Libre (rebaptisé Imaginate pour le marché américain), sort en 1999 et est vendu à près de 100 000 exemplaires. La presse américaine new-yorkaise le consacre "révélation masculine de l’année"
Sa carrière démarre très bien avec de multiples concerts donnés aux États-Unis, mais la mort de Celia Cruz et de Tito Puente oblige Ralph Mercado à fermer son label et met fin à sa collaboration avec Raúl Paz en 2001. Il profite alors de cette période pour s’ouvrir à d’autres styles de musiques. Il enregistre notamment Contigo, chanson écrite avec DJ Arian.
Raul Paz a quitté la France pour aller vivre à Cuba en 2008. Après son retour à Cuba, Raul Paz a présenté son album "Havanization" (La havanization est un mouvement artistique se développant à Cuba) en 2010.


Ecoutez la version radio edit de "Besame mucho"
Raul Paz est aujourd’hui un des chefs de file de la nouvelle scène franco-cubaine. Débordant d’énergie et de rage, il enflamme chacun de ses concerts.
Star de la nouvelle scène cubaine. Il renouvelle la musique latine en y intégrant de la pop, de l’électro, du rock, du reggae...
Il sera le premier à organiser un flashmob à Cuba, une vraie prouesse.

lundi 21 juillet 2014

Hommage à Joséphine Baker




Dans le spectacle et l'album "Loin de Paname" Viktor ne pouvait pas passer à côté de l'immense Joséphine Baker. Elle choisit le dernier titre pour lui rendre hommage. Nul doute qu'elle aurait pu en faire un spectacle tout aussi réussi que "Billie Holiday". Vous l'aviez peut-être reconnue dans le montage du "bal défendu" mais pour ceux qui ne s'en souviennent plus, regardez le talent unique de la grande Joséphine Baker dans ce montage sur "La conga blicoti"
La conga blicoti

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vendredi 18 juillet 2014

VIKTOR LAZLO dans "Loin de Paname".

"On ne sait jamais comment une aventure commence. Il y a des rencontres, des envies, des désirs et une idée qui, chemin faisant dans l’esprit de chacun, prend sa forme, sa couleur, sa tonalité, Tout d’abord les chansons : la mélodie et les mots des chansons interprétées dans les années 20/40 par Fréhel, Damia, Lucienne Dehyle. Non seulement une époque mais surtout une femme. Sensuelle, entière, sans masque, fragile, un peu cassée par la vie aussi. Je voulais être cette femme qui aime, vibre, rit, pleure et se souvient"
Viktor Lazlo

Le blog a le plaisir de vous présenter 2 clips de sa composition pour illustrer cet album.
où est-il donc ?

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Les mots d'amour

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VIKTOR LAZLO
Dans "Loin de Paname".
http://musique.fnac.com/a1351878/Viktor-Lazlo-Loin-de-Paname-CD-albumQuelque part à Cuba ou à La Havane, une femme dans un bar, à l'aube des années quarante... Que lui est-il arrivé ? On n'en sait trop rien, mais on le devine à travers les chansons qu'elle interprète ; des amours malheureuses, des hommes qui ont abusé d'elle, le "ruban" comme on dit à Paname... Et puis la chute, l'exil, la solitude... Elle se souvient des jours heureux et chante son Paris d' antan, reprenant sur des rythmes cubains des airs de l'entre-deux guerre.





 

LE SPECTACLE s'appelle «Loin de Paname», clin d'oeil aux arrangements ensoleillés concoctés par le musicien cubain Raul Paz. Pourtant, sur la scène du Théâtre de Ménilmontant, Viktor Lazlo redonne vie à tous ces artistes qui ont incarné Paris pendant l'entre-deux-guerres. Elle rend hommage à toutes ces chanteuses, les Damia, Fréhel, Lucienne Delyle, « qui n'avaient pas peur des mots et donnaient tout ce qu'elles avaient dans le ventre ».
Viktor Lazlo dynamite au passage son image de beauté fatale, de l'époque du célèbre "Canoë Rose". Cette fois, elle chante, joue la comédie, se transforme en pilier de bar sonné par la vie ou en femme larguée réfugiée dans la poudre blanche. Un spectacle subtil qui permet de retrouver avec bonheur une artiste que la France avait perdu de vue depuis près de dix ans.

CRITIQUE de Libération octobre 2002
(...) La chanteuse aborde le répertoire d'avant-guerre. Piquée il y a quelques mois par Patrick Bruel, l'idée de revisiter des standards tels que "Parlez-moi d'amour" ou "Mon amant de Saint-Jean" ôte certes à l'effet de surprise escompté. Le traitement de Viktor Lazlo a néanmoins son originalité. Accompagnée par un combo cubain, elle pose sur ces airs connus une moiteur chamarrée, un souffle, un baiser qui plonge peu à peu dans le soufre réaliste d'une Marie Dubas ou d'une Fréhel ("Mon légionnaire","La Coco")
On est Loin de Paname, comme l'indique le titre du spectacle et du disque subséquent.

single : Les mots d'amour




jeudi 17 juillet 2014

Un portrait rapide de la carrière de Viktor dans l'émission "Thé ou café"



Viktor Lazlo : portrait rapide

Pour le public français, Viktor Lazlo c’est 2 énormes tubes : « Pleurer des rivières » et « Canoë rose ».
C’est comme ça que la France la découvre en 1985, la chanteuse a 25 ans et un nom de scène emprunté à l’un des personnages du film « Casablanca ». Ses apparitions télé ressemblent alors à des défilés de mode.
VL : « Je m’habille comme ça sur scène parce que c’est un style d’habillement qui me plaît. »
Il faut dire que Viktor a été mannequin mais vous ne verrez pas de photos, elle préfère qu’on fasse l’impasse.
Deux ans plus tard, elle joue les maîtresses de cérémonie et à l’époque une métisse qui présente l’Eurovision, ça détonne.
Depuis ses apparitions se font rares, sa carrière se poursuit au japon et en Allemagne mais elle tourne en rond chez nous. Viktor a beau jouer de ses charmes, chanter avec Alain Chamfort ou revisiter les grands standards de la chanson à la sauce cubaine, rien n’y fait mais qu’importe la chanteuse se jette dans la comédie, sur les planches, au ciné et à la télé dans « Brigade Navarro » après tout il faut bien vivre et faire quelques concessions.
VL : « Je ne suis pas une potiche qu’on fabrique »
Non, vous, vous êtes plutôt une artiste en mal d’expression qui se lance dans l’écriture de romans et se plonge aujourd’hui dans la vie et le répertoire de Billie Holiday.
Et si c’était le moment pour le public français de vous donner une nouvelle chance ?

Viktor Lazlo: A quick portrait

For the French public, Viktor Lazlo is mostly known for two huge hits: "Pleurer des rivières" and "Canoë rose"
This is how France discovered her in 1985, the singer was 25 years old and had a stage name borrowed from a character in the movie "Casablanca." Her TV appearances at the time looked like fashion shows.
VL: "I dress like that on stage because it is a style that I like."
It must be pointed out that Viktor was a famous model but you will not see any photos, she prefers not to mention this period.
Two years later, she was Mistress of Ceremonies, and at the time a coloured person presenting Eurovision did not go unnoticed.
Since then her public appearances have been rare; her career continues in Japan and Germany but has come to a standstill here in France. Viktor can charm us all she likes, sing with Alain Chamfort or revisit the great French standards in a Cuban style, but to no avail. To hell with it, the singer has thrown herself into acting, on stage, in movies and TV in "Brigade Navarro," after all we all have to make a living and make some concessions.
VL: "I'm not a manufactured bimbo."
No, you, you are more an artist in search of expression who writes novels today and delves into the life and repertoire of Billie Holiday.
And what if it was time for the French public to give you another chance?

mardi 15 juillet 2014

Viktor Lazlo... Best


 
"Carré de Dames" un bel article publié dans le magazine BEST en juin 1986 : on apprend déjà à l'époque qui chante sur "ça plane pour moi" et où on laisse entrevoir la sortie du deuxième album (avec la collaboration de James Ingram, autre poulain de Quincy Jones...) "Breathless" n'est donc pas loin!